Pharmacothérapie des blessures musculo-squelettiques

Lorsque blessé aux os, aux muscles, ligaments ou tendons, la population a tendance adopter un comportement d’auto-médication. C’est-à-dire de prendre certains médicaments selon ses croyances ou connaissances, parfois biaisées. Amélie démystifie pour vous le traitement pharmacologique de blessures sportives qui surviennent le plus souvent.

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François, 29 ans, prend part au demi-marathon de la Classique Verdunoise en octobre prochain. Il a commencé à courir, mais s’est fait une périostite puisqu’il a trop rapidement augmenté le volume de ses entraînements. Il aimerait maintenant savoir quoi faire pour guérir cette blessure, outre le fameux acronyme GREC (Glace, Repos, Élévation & Compression) que nous connaissons depuis longtemps.

 

Les Analgésiques non opioïdes

Le plus populaire de cette catégorie est le fameux Tylénol, aussi appelé acétaminophène ou Tempra. Il est responsable de traiter les douleurs légères à modérées, et a un effet antipyrétique (traitement de la fièvre). Le Tylénol est très sécuritaire, il est seulement important de respecter le dosage indiqué. La dose maximale pour un adulte est de 4g par 24 heures. Le danger que peut apporter ce médicament est en cas de surdosage (>4g/24h), des dommages hépatiques peuvent survenir.

De plus, notez que le tylénol peut être consommé en même temps qu’un médicament anti-inflammatoire, étant donné qu’ils n’ont pas le même mécanisme d’action. La douleur sera alors stoppée à des endroits différents dans le système nerveux. C’est un principe appelé la co-analgésie, qui favorise un soulagement optimal de la douleur.

 

Les AINS (Anti-Inflammatoires Non-Stéroïdiens)

Souvent connus sous le nom d’Ibuprofen, Advil, Motrin, Naproxen, Celebrex, Voltaren (en application topique), etc. Cette classe de médicaments est également incluse dans les analgésiques non opioïdes. Les AINS ont comme indication de traiter les douleurs légères à modérées, et ont également un effet anti-inflammatoire. Ils sont donc utilisés pour une grande variété de problèmes, dont les blessures musculo-squelettiques comme l’ostéo-arthrose, l’arthrite rhumatoïde et les blessures de type sportives.

 

Malheureusement, ces médicaments ne sont pas pour tous. Certaines contre-indications limitent voire même empêchent leur consommation pour certains. Pour ceux ayant des antécédents de saignements (Infarctus du myocarde avec ou sans chirurgie, AVC, hémorragie digestive, etc.) et qui prennent des anticoagulants, les anti-inflammatoires sont contre-indiqués. De plus, si vous avez une histoire de maladie hépatique ou rénale, il sera mieux de consulter votre pharmacien pour prendre les précautions nécessaires ou trouver une alternative aux AINS.

Mais si vous êtes comme « monsieur et madame tout le monde », que vous êtes en bonne santé globale, les anti-inflammatoires sont un bon choix pour traiter les douleurs athlétiques. Même que pour traiter les crampes menstruelles ou les céphalées, ils peuvent être bien utiles aussi!

 

Comme décrit dans l’étude réalisée par Feucht et Patel (2010), les AINS ont été démontré efficaces pour diminuer la douleur et l’inflammation, pour restaurer la fonction des muscles, tendons et ligaments. Ils diminuent le temps de guérison et permettent un retour plus rapide aux activités d’avant.

Par contre, des résultats négatifs ont été documentés quant à la régénération de tissus osseux, par exemple lors de fractures. Certains des AINS inhibent une fonction qui est nécessaire lors du processus de régénération osseuse (O’Connor et Lysz, 2008). Dans ce cas, les AINS peuvent ralentir la guérison du squelette. C’est pourquoi, lors de chirurgies touchant les os, les médecins optent plutôt pour une combinaison d’acétaminophène et d’analgésiques opioïdes pour soulager la douleur.

Les relaxants musculaires
Robaxacet et compagnie permettent de soulager les spasmes musculaires qui peuvent accompagner la douleur du système locomoteur. Vendus sur les tablettes des pharmacies, les comprimés de ceux-ci contiennent souvent de l’acétaminophène ou de l’ibuprofen, ce qui permet une co-analgésie (comme mentionné plus haut), et donc un soulagement optimal de la douleur!

Ce type de médicament passe dans le système nerveux central (SNC), causant de la somnolence. Il est donc à éviter de les prendre en même temps que de l’alcool, ou tout autre médicament ayant un effet dépresseur du SNC.

Analgésiques Opioïdes
Indiqués pour des douleurs modérées à sévères, les opioïdes ou narcotiques, sont toujours prescrits par un médecin. Les noms que l’on entend souvent incluant la morphine, le dilaudid, le fentanyl, l’oxycodone et j’en passe. Si vous n’êtes pas soulagés par les autres médicaments suggérés ci-haut, votre blessure nécessite peut-être l’attention d’un médecin. Je n’élabore pas davantage sur ce sujet puisque nos petits bobos ne nécessitent habituellement pas d’analgésiques opioïdes. On parlera plutôt de narcotiques lors de soins péri-opératoires.

En cas de doute, une des meilleures personnes pour vous répondre sur ce sujet est le pharmacien de votre quartier. Les pharmacies sont souvent ouvertes très tard, ces professionnels sont donc très accessibles au public.

N’hésitez pas à m’écrire, vos questions ou commentaires sont les bienvenus!

amelie.cadoret@equipealtius.ca

 

Références:

Deglin, J.H. & Vallerand, A.H. (2008). Guide des Médicaments (3e éd.). Saint-Laurent:             Éditions du renouveau pédagogique inc.

Feucht, C. & Patel, D. (2010). Analgesics and Anti-inflammatory Medications in Sports:           Use and Abuse. Pediatric Clinics Of North America, 57(3), 751-774.

 

O’ Connor, J. & Lysz, T. (2008). Celecoxib, NSAIDs and the skeleton. Drugs Today,     44(9), 693.